dimanche 25 février 2007

RIEN N'EST PLUS, PLUS N'EST RIEN

Que veulent-ils: l'illusion du pouvoir suprême. Pourquoi: par pure vanité, libido dominandi, auto satisfaction. Qu'ont-ils donc à dire: moi, c'est moi qui suis la délivrance!... Peu de chose en somme, une ou deux répétées en infinies tautologies, travesties sous différentes formes par souci de nouveauté. Mais au fond que reste-t-il de ces attitudes guerrières, de ces discours emphatiques: une grande indigence de pensée, une faillite du langage, une démagogie qui fait que tout reste très bas.
A mes semblables, je dis prenons garde que l'on ne nous abuse.
Face à la surenchère de bravades, à cette agitation qui méprise la modestie, aux candidats de cette course à l'échalote je dis: protégez la ressource!

mardi 13 février 2007

BIOPSIE: ON DECOUPE LE VIVANT

C' est un minuscule poste de réception un peu souillé, d'où filtrent, entre les grésillements usés de trop de rabâchages, des chansonnettes et des messages publicitaires qu'on ne veut plus entendre tant ils persistent à vriller la pensée. Ils proclament "la solidarité est une force", qu'on entend comme "la solidarité est une farce" et le tour est joué. Sommes devenus sourds, décérébrés. Le langage dans son entier, les idées, les potins, la mémoire, la lessive, la philosophie, broyé dans le brouet électronique, devient une gigantesque guimauve où tout se vaut ( sans valeur), dont l'unique l'objet est de tenir en haleine, désirant, éloigné des mauvaises sirènes critique du silence.

dimanche 4 février 2007

RUGBY

Oui, c'est une telle débauche d'agressivité, un tel torrent de brutalités, une tension inassouvie vers la ligne adverse. Et quand le combat cesse par un coup de sifflet, l'acteur dépité, écoeuré et furieux, se livre à des mouvements incontrôlés dits antisportifs qui enlaidissent l'esthétique de la violence.
Malgré l'harmonie des coups, le coloris des saignement, la fraîcheur des blessures, la vapeur qui s'élève des corps en sueur, malgré les artistiques attitudes des tortionnaires sadiques, tous les mouvements du ballet viril seront mis à bas par un bras cassé, un doigt dressé en l'air. Pardonnez les, ce ne sont que d'énormes enfants.

vendredi 2 février 2007

DES POETES

Les fugitifs, les exilés, les ennemis public appellent de notre part une pensée recueillie: ce sont des ténébreux, des jeunes inconsolés de l'amour aboli, des poètes. Ce sont de gentils enragés, de doux sarcastiques: avides d'indépendance ils affirment leur souveraineté à corps et à cris. Personne ne cherche à les dompter, ils ont choisi le frugal. On les abandonnent à leurs croyances, en dehors du cercle étroit de la multitude où ils peuvent poursuivre leurs chimères sans déranger.
Souvent on les voit en grandes conversations, toujours en petits groupes, s'enflamant sur des sujets minuscules d'une compléxité supérieure et toisent leurs voisins d'un regard ingénument averti du haut de leur bienveillance fraternelle.
Ils acceptent la controverse, s'exercent à des épreuves gymniques enchainant quelques flexions, étirement des psoas engourdis, se mouchent d'un revers de la main, travaillent leurs games sur le luth constellé, puis finissent par retourner à leur infinie méditation.
Comme eux nous ne jurons que par des stratégies minoritaires.