vendredi 2 février 2007

DES POETES

Les fugitifs, les exilés, les ennemis public appellent de notre part une pensée recueillie: ce sont des ténébreux, des jeunes inconsolés de l'amour aboli, des poètes. Ce sont de gentils enragés, de doux sarcastiques: avides d'indépendance ils affirment leur souveraineté à corps et à cris. Personne ne cherche à les dompter, ils ont choisi le frugal. On les abandonnent à leurs croyances, en dehors du cercle étroit de la multitude où ils peuvent poursuivre leurs chimères sans déranger.
Souvent on les voit en grandes conversations, toujours en petits groupes, s'enflamant sur des sujets minuscules d'une compléxité supérieure et toisent leurs voisins d'un regard ingénument averti du haut de leur bienveillance fraternelle.
Ils acceptent la controverse, s'exercent à des épreuves gymniques enchainant quelques flexions, étirement des psoas engourdis, se mouchent d'un revers de la main, travaillent leurs games sur le luth constellé, puis finissent par retourner à leur infinie méditation.
Comme eux nous ne jurons que par des stratégies minoritaires.

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