jeudi 24 janvier 2008

CONSONNANCE DES SILENCES

Des fûts abandonnés méthodiquement alternent avec des disques métalliques rétamés ternes sous de blafardes ampoules. Des individus dépenaillés se glissent subrepticement, comme se cachant derrière le reste de l’outillage qu’ils transportent sur le champ de la rencontre. Chacun se cramponne à ce qui explique sa présence, accord des cordes, humections de la anche, pietinnement nerveux de la charley. On croirait un trio de jazz.
Par un regard rapide les trois se jettent ensemble dans un conflit avec l’outil étrange dans un vertige terrifiant de tourments, où les coups bas ne se comptent pas, sans doute y vont-ils de leur vie.
Centrés autours de leurs extensions ils jettent des cris vers la ciel. On ne se voit plus. Les escarmouches se poursuivent sans prévision et sans répit.
Peu à peu, on commence à percevoir un resserrement, un rapprochement des intentions, des instants subits de synchronie, des vagues étonnées de volonté d’harmonie. Leurs visages se détendent, ils sourient.
Rien dans les sons n’évoque d’apothéose pourtant c’est le sublime qui avance pour s’imposer quand, dans l’extrême désaccord, (chacun entêté), l’oreille tendue vers une résonance mutuelle, ils se retrouvent pour accepter le « dernier mot » qui se remplit enfin de silence. Puis c’est l’acclamation bouleversée.

Eric Brochard cbs, J.Luc Guionnet altsax, Edward Perraud perc
13/01/08 à l'Atelier Tampon

vendredi 11 janvier 2008

DEJA !?


Le monarque est trop petit, hissé sur la pointe des pieds ou juché sur les épaules de ses conseillers il ne discerne rien de ce qui sera.
Il se contente de regarder derrière, moquant le bas empire, se gargarisant de rupture tout en répétant ses histoires de charlatans.
"Puis il se retourne vers je ne sais quels courtisans avec un air de fatuité, comme pour les prier d'ajouter leur aprobation à son contentement".
Le sourire est crispé, le regard fatigué et le mensonge suinte à chaque hoquet.
Voici le morne début de la phase décadente du règne de ce plaisant.