« Une des dernières tribus d'Indiens vivant sans aucun contact avec le monde extérieur, en Amazonie brésilienne près de la frontière péruvienne, a été découverte récemment. Cette image, prise lors d'un survol de la région en hélicoptère, montre des indigènes, dont le corps est entièrement peint en rouge ou en noir, décochant des flèches contre l’appareil. »L’universel reportage livre sans vergogne à la contemplation avide du voyeur de la toile sans fenêtre, une répétition symbolique de la très grande honte nucléaire qui survint il y à cinquante trois ans par "absolue inégalité des chances".
Ici, au-delà des commentaires du coloriste, le piètre cliché montre le viol que l'observateur arrogant, confortablement calé dans son cockpit vrombissant, commet sur ceux que n'abrite plus la canopée de la forêt ancestrale.
L'inconnu résiste, le devoir est d'oublier.

