samedi 13 novembre 2010

LES DERNIERS JOURS DE L'HUMANITE (suite)

L'équivalence généralisée de tous les insignifiants sous l'apparence de l'inoffensif, l'immédiat aisé du bout d'un pointeur docile (je clique donc je suis et comme d'une gâchette facile j'anéantis le vivant), le faux semblant d'universel savouré dans de hautes solitudes, favorisent le bénin désir de puissance en saturant tous rapports de l'ordure narcissique.

Voici le temps des Assassins.
A. Rimbaud


Celui qui a l'intuition d'une portion nouvelle du réel doit la formuler afin qu'elle accède à l'existence.
H. Broch

mardi 15 juin 2010

NEANT-MOINS



Nous sommes chacun plus riche que nous ne pensons; mais on nous dresse à l'emprunt et à la queste. Montaigne

mercredi 19 mai 2010

DESIR D'INCOGNITO


Foulards, capuches, niqab: signes de résistances à l'exhibitionnisme insolent de la laideur.
Devenir transparent/opaque, échapper au contrôle des écrans, fuir la rhétorique du clinquant, refuser la domination de l'apparence, disparaître jusqu'à l'invisible, toutes voiles dehors.
"... que se serait agréable de garder tout ceci pour soi !... plus dire un mot, plus rien écrire, qu'on vous foute extrêmement la paix... on irait finir quelque part au bord de la mer... on parlerait plus à personne, tout à fait tranquille... oublié." LFCéline

jeudi 15 avril 2010

SOI-MEME COMME UN AUTRE

It happen'd one Day about Noon going towards my boat, I was exceedingly surpriz'd with the Print of a Man's naked Foot on the shore which was very plain to be seen in the sand; I stood like one thunderstruck, or as if I had seen a Apparition;
... I went to it again to see if there were any more, and to observe if it might not be my Fancy; but there was no room for that, for there was exactly the very print of a Foot, Toes, Heel, and every part of a Foot
Defoe - Roubaud

samedi 6 mars 2010

INDIGESTION

L'excès d'ignorance, d'avidité, de bouffonnerie, de cynisme ou mépris, de mots vides, de produits d'emballages , d'ordures déversées dans la poubelle géante gratuite: le trop plein mène droit à l'indigestion.
Souvent, pour s'amuser, les hommes d'équipage,
Prennent des goelands, vastes oiseaux des mers,
Qui suivent, indolents compagnons de voyage,
Le navire glissant sur les gouffres amers.

http://www.chrisjordan.com/

mercredi 10 février 2010

GRAND ECART

Ah! Qu'on nous laisse, négligeables, à notre peu de hâte.
Et charge à d'autres, ô servants, d'agiter le futur dans ses cosses de fer...
Saint-John Perse - Vents

vendredi 5 février 2010

COMME UN SOUFFLE PESTILENTIEL



Dans son ardeur juvénile, avec sa métaphysique artiste Nietzsche prophétise ici ce vers quoi nous semblons nous diriger d'un pas chancelant:
"Si on imaginait que toute la somme incalculable de forces ait été consacré non à la connaissance mais à des fins pratiques, c'est-à-dire égoïstes, des individus et des peuples, le plaisir instinctif de vivre en serait si affaibli dans des luttes d’anéantissement généralisées, que, dans la coutume du suicide, l’individu aurait vu peut-être le dernier reste de sentiment du devoir quand il aurait étranglé fils, parents et amis. Ce pessimisme pratique pourrait produire une épouvantable morale du génocide par pitié."




mardi 2 février 2010

ESSAI DE PESSIMISME

Une vieille légende raconte que le roi Midas a longtemps et vainement pourchassé dans la forêt le sage Silène, le compagnon de Dionysos. Quand ce dernier tombe enfin entre ses mains, le roi lui demande quel est le premier des biens, le bien le plus désirable. Raide et immobile, le démon se tait; finalement contraint par le roi, il s"écrit en éclatant d'un rire strident: "Misérable race d'éphémères, enfants du hasard et de la peine, pourquoi m'obliger à dire ce que tu as le moins d'intérêt à entendre? Le premier des biens est tout à fait hors de ta portée: ne pas être, ne rien être. Mais le second des biens pour toi est... de mourir sous peu."

Nietzsche dans "La naissance de la tragédie à partir de l'esprit de la musique"

lundi 25 janvier 2010

AYITI

Allez plus doucement , ô cours des choses à leur fin.
Saint-John P erse - Amers

mardi 19 janvier 2010

DE LA DEMOCRATIE (la branche sur laquelle...)

Géniale invention antique.
Mais désormais le précieux concept est roulé dans la fange à tous les étages du discours par surenchère de gargarismes.
Galvaudé, resucé (c’est du grec), pollué, rabâché, ruminé toujours ruiné, son éclat diminue dans le grand baragouin. Son sens se délite.
Des politiques bavards, comptables zélés ou semi artistes de la confusion, s’obstinent à ériger des murs d’égoïsme, des barrières d’indifférence, jusqu’à des écrans d’individualisme. On instille la peur pour nous protéger qu'ils disent. Leur truc: le contrôle intéressé d'une panique fabriquée à partir de l’inflation trompeuse de signifiants vides.
Mais peu à peu l’ombre descend. Bientôt sera la nuit noire.
On ne rigole plus.
Des jeunes marles du jour aux vieux dabs du siècle dernier, ils sont légions à s’ébrouer comme d'un mauvais rêve.
Un élan les rassemble. Peut-être.
Ils disent: basta!
Ils boutent les embrouilleurs hors du cadre.
Ils répudient les bradeurs des très vénérables utopies.
Peut-être. C'est possible.

mercredi 13 janvier 2010

FARCE CHEZ LES FARSIS

Ils m'ont appelé l'obscur et j'habitais l'éclat.
Saint-John PERSE - Amers

lundi 11 janvier 2010

CONTROLE PARENTAL

S'il ne reste aucun frisson, l'horreur viendra.
Jürgens HABERMAS

mercredi 6 janvier 2010

DU VOYAGE

C'est pas la peine de se débattre, attendre ça suffit puisque tout doit finir par y passer dans la rue. Elle seule compte au fond.

Rien à dire. Elle nous attend.

Faudra qu'on descende dans la rue, qu'on se décide, pas un, pas deux, pas trois d'entre nous, mais tous. On est là devant à faire des manières et des chichis, mais ça viendra.

L.F CELINE